Témoignages

Témoignage d’interne : les surblouses. Ces économies qui ont empêché de prévenir le risque biologique.

Elles manquent encore plus que les masques mais on en parle peu : les surblouses. Ces sont des protections que l’on met par dessus ses vêtements pour éviter qu’un patient contaminé, ne contamine nos vêtements, puis le professionnel de soin, puis ses patients, puis sa famille, etc. …

Pour les soins dit « mouillants » (merci pour l’euphémisme), il est nécessaire d’avoir du matériel imperméable.

Pourtant, dans la quasi totalité des établissements du territoire, il y a pénurie de ces surblouses, notamment en EHPAD mais aussi dans certaines réanimation.

Les établissements proposent des solutions bis : des surblouses en papier (qui ne protègent pas), on lave du matériel à usage unique, ce qui entraine une fragilisation de celui-ci (comme en photo au Centre Hospitalier de Colmar), on propose des tutos aux soignants pour se fabriquer des protections avec des sacs poubelle (comme aux Hospices Civiles de Lyon).

Vous aussi témoignez : https://isni.fr/appel-a-temoignage-covid-19/

Est-ce que ces surblouses en papier, bricolées ou lavées sont protectrices ? Non.
Est-ce que c’est mieux que rien ?
Bien sûr. Mais ça ne doit rien justifier.

Quand on me demande de remettre une surblouse déjà utilisée par l’infirmière, l’aide soignante et le psychologue, pour aller soigner l’enfant infecté au COVID qui tousse, je préférerai qu’on ne sous-entende pas que c’est protecteur car moi je sais très bien qu’on me demande d’aller directement me contaminer.

Mehdi, interne en médecine générale en service de pédiatrie en Île de France

Ce qu’il faut bien comprendre c’est qu’en France, comme dans d’autres pays d’Europe, nous n’avons jamais pris les mesures de protéger les soignants du risque biologique. Nombreux sont les soignants qui n’ont pas accès à des vestiaires pour se changer, qui ont des difficultés à accéder à des vêtements professionnels. Nous avons tous témoigné de difficulté à accéder à du matériel de protection à usage unique avant la crise : masques, gants, surblouses, lunettes de protection, charlottes, etc…

Pourtant d’en d’autre pays, notamment en Asie, les protections sont sérieuses

Pourtant les pathogènes contagieux et dangereux étaient une réalité quotidienne : par exemple en 2015 il y a eu 4741 cas de tuberculose en France (source).

Ces restrictions de protection, c’est clairement pour faire des économies dans des établissements de santé déjà sur-endetté (actuellement 30 milliards d’euros). On forme les cadres des services à économiser le matériel à usage unique, on n’a pas la place ou les moyens pour faire les travaux et avoir des vestiaires pour tous.

On peut retrouve notamment ces résultats quand on compare le taux d’infection à BMR en France comparé aux autres pays d’Europe, comme expliqué que l’on soit 25 sur 30 pays ? (source)

The Lancet Infectious Diseases 2019 1956-66DOI: (10.1016/S1473-3099(18)30605-4)

Cela laisse un goût amère dans la bouche, surtout quand on sait que 40% des patients hospitalisés COVID + seraient des infections nosocomiales (source).

Beaucoup de soignants sont en colère de n’être pas protégé et surtout de mettre en danger leurs patients et leurs proches.

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ISNI

L’InterSyndicale Nationale des Internes représente et rassemble les internes de France métropolitaine et des DROM-COM depuis 1969. L’ISNI représente plus de 12 000 internes, répartis dans les associations et syndicats de subdivisions membres.

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