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Tous les 18 jours, un interne en médecine se suicide

Communiqué de presse 6 Avril 2021

Depuis le 1er janvier, 5 internes ont mis fin à leurs jours.
Afin de sensibiliser la population à ces drames, l’ISNI a lancé fin mars, sa campagne #ProtegeTonInterne

Dans son enquête Santé Mentale parue en 2017 l’ISNI alertait sur le risque suicidaire des internes en médecine, trois fois plus élevé que la population générale.

3,8 % soit 738 jeunes médecins déclaraient avoir fait une tentative de suicide.

Le dossier de presse #ProtegeTonInterne – cliquez sur l’image pour le télécharger

Les causes sont connues et évitables :

  • Épuisement professionnel : un interne en médecine travaille en moyenne 58h par semaine, plus de 70h en chirurgie et réalise souvent deux à trois gardes de 24h par semaine.
  • Harcèlement, violences et omerta : chaque semaine, l’ISNI accompagne des internes victimes de violences et de harcèlement, moral ou sexuel. Ces actes sont protégés par une omerta entretenue par le cumul des pouvoirs de la hiérarchie hospitalière et universitaire qui possède un contrôle total sur l’avenir professionnel des jeunes médecins. Les changements de villes sont presque impossibles. Les victimes sont donc enfermées plusieurs années avec leurs agresseurs sans possibilité de recours et avec l’angoisse des représailles. Mediapart mettait en lumière ce système dans son article du 02 avril.

Face au terrible constat le Ministre de la Santé, Olivier Véran, reste mutique et sourd aux appels de détresse des internes laissant se multiplier les drames, dans l’indifférence.

Les conséquences de cette situation catastrophique et durable sont nettes : 77 % des jeunes médecins fuient l’hôpital public. La crise du COVID-19 et l’actuelle troisième vague viennent mettre encore un peu plus en danger les jeunes médecins mais également les patients.

Notre revendication est simple : La Loi et rien que la Loi. Mettons dès aujourd’hui en place un décompte horaire du temps de travail, poursuivons et punissons les agresseurs, pour nos soignants, pour nos patients.

Olivier Véran : tolérance totale, engagement zéro

GREVE DES INTERNES POUR LE DECOMPTE HORAIRE DU TEMPS DE TRAVAIL

Communiqué de presse 25 Mai 2021

La campagne #ProtegeTonInterne a été lancée au mois de mars 2021 pour sensibiliser la société au mal-être des internes. Nous alertons depuis des mois sur la dangerosité de l’épuisement professionnel.
Cet épuisement tue : il tue les soignants par le burn-out, les suicides, les AVC, les accidents de la route; il tue les patients en favorisant les erreurs médicales.


Le dépassement du temps de travail maximal est chronique chez les jeunes médecins, au lieu de 48 heures hebdomadaire maximum comme le prévoit la loi on constate des semaines de 70h, 80h et parfois plus de 100h, incluant des gardes de 24 heures d’affilée. Ces heures ne sont pas récupérées.
Peut-on imaginer soigner correctement les patients dans ces conditions ?


Le constat est partagé jusqu’aux conseillers du Ministre, qui constataient déjà il y a 3 ans que 70% des internes travaillaient au-delà de la durée maximale du travail. Face à ce constat alarmant et nos multiples alertes, Olivier Véran a refusé à plusieurs reprises de s’engager et faire de ces problèmes de la qualité de vie et du temps de travail une priorité.

Le second dossier de presse #ProtegeTonInterne sur le décompte horaire et la grève des internes – cliquez sur l’image pour le télécharger

Poussé par les suicides et la pression médiatique, Olivier Véran réagit le 15 avril :

“Je sais ce que notre système de santé doit aux Internes. Ensemble, nous nous engageons pour améliorer leurs conditions de travail, à commencer par leur durée de travail.”

Un mois plus tard, le cabinet du ministre nous répond : “si vous voulez compter les heures de travail, il faudra attendre qu’une décision du conseil d’etat nous y oblige”
L’enjeu est pourtant essentiel : c’est un combat pour la santé des soignants et des patients.

Notre seule revendication aujourd’hui est simple : un Ministre de la République doit faire respecter la Loi de la République. Il doit s’engager à la mise en place d’un décompte horaire du temps de travail.
Travailler beaucoup, nous nous y engageons chaque jour pour nos patients ; mais il existe une différence entre travailler plus et travailler trop : travailler trop, c’est transformer un hôpital qui soigne en un hôpital qui tue.

Nous ne mettrons pas en danger nos patients !
Nous ne nous mettrons pas en danger. Nous ferons respecter la Loi !
Pour ces raisons, l’ISNI appelle l’ensemble des internes en médecine de France à la grève dès le 18 juin avec une manifestation nationale le 19 Juin 2021 à Paris.

Revue de presse #ProtegeTonInterne

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