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Grève des internes

Un interne, c’est un médecin en formation, entre 7 et 12 ans d’études, qui est en temps plein à l’hôpital ou en cabinet.
Retrouver toutes les documents utiles : https://drive.google.com/open?id=1Pvt1y_QdhpmKNtxX4jCSvkGFqxELLJai

Qui fait grève à partir du 10 décembre : 

Les internes en médecine de toutes les spécialités confondues ainsi que les internes en pharmacie et biologie. Ils ont le soutient des syndicats de praticiens hospitaliers (APH, INPH, CMH, CNAM), Jeunes Médecins et des libéraux (URML).

Combien : 

On estime une participation supérieure à 60 % des internes soit 16 000 internes sur 27 000, dans tous les CHU et les centres hospitaliers généraux aussi. Toutes les spécialités sont concernées. Dans de nombreux hôpitaux, il n’y aura plus d’interne pour assurer les gardes des urgences.
Quelques nombres : en Martiniques 140 internes grévistes, à Bordeaux 350 internes grévistes, à Brest 232 internes grévistes, à Dijon 157 internes grévistes, à Limoges 115 internes grévistes, à Lyon 350 internes grévistes, à Marseille 700 internes grévistes, à Besançon 140 internes grévistes, à Caen 52% des internes…

Pourquoi :

Les internes se mettent en grève pour déplorer une baisse de la qualité de leur formation et des soins apportés aux patients.

L’austérité budgétaire en santé a provoqué une crise sanitaire.

Normalement praticiens en formation supervisée, le manque de personnel médical (19 000 postes de PH vacants en 2018) et paramédical entraine une diminution du temps de formation à l’hôpital. L’interne se retrouve souvent seul et les médecins n’ont pas le temps de « faire le point ». Les patients ne sont pas correctement pris en charge par manque de moyen. Il y a une austérité budgétaire depuis 10 ans, les moyens alloués sont inférieurs aux besoins de la population, les hôpitaux s’endettent (30 milliards) et les libéraux doivent enchainer les consultations comme à l’usine. Nous dénonçons une crise sanitaire.

Cette année le gouvernement demande encore des économies à la santé.

En 2020, le gouvernement demande encore 610 millions d’économie aux hôpitaux, les deux plans d’urgence n’étant que des effets d’annonces et correspondent à une légère inflexion de la politique d’austérité.

Nous demandons un plan d’avenir pour le système de santé.

Nous demandons donc : 

  • Un investissement de fond de public dans la santé et la formation en santé
  • Une reprise de l’ensemble de la dette des hôpitaux par l’état (et non qu’un tiers)
  • Une revalorisation des carrières des professionnels hospitaliers médicaux et paramédicaux (nous soutenons les revendications légitimes du collectif inter-urgence)
  • Une gouvernance de la santé par les professionnels du soin et non par des directions hospitalières qui n’ont fait que subir la crise et réduire les effectifs et le matériel. 

La dégradation du système de soin impact la formation des professionnels.

Nous ne pouvons plus soigner plus gens avec moins de matériel et moins de personnel. Nous sommes dans une situation où les praticiens en formation sont considérés comme des praticiens bon marché et sont utilisés pour « combler les trous ». 

Nous ne sommes plus en formation mais « roue de secours ». Le temps de travail a explosé.

La situation a tellement empiré que nous n’avons plus le temps de prendre nos jours de formation. Notre enquête sur le temps de travail a montré une durée hebdomadaire de travail de 56h dépassant largement les 48h maximum légales. Le repos de sécurité est moins respecté qu’en 2012 alors que c’est la sécurité du patient. 

Après 24h de garde, on n’opère pas correctement, on risque de faire des erreurs médicales.

Les internes n’ont plus le temps de prendre leurs jours de formation.

Nous demandons un décompte horaire du temps de travail des internes.

Cela peut paraître surprenant mais le temps de travail des internes n’est pas décompté. Les directions sont tenues de noter les demi-journées mais faute de limite horaire la limite tardive est souvent nocturne. Les hôpitaux sont incapables de dire dans quel service il y a des dérives. Pour lutter ces dérives on demande que les heures supplémentaires réalisées soient payées pour sanctionner financièrement les hôpitaux qui utilisent les internes comme une main d’œuvre bon marché. 

Nous demandons des fonds publics pour notre formation.

La loi santé a supprimé les fonds privés (industrie du médicament et du matériel médical) pour financer les frais de formation des internes (transport et logement). Des milliers de formation ont été supprimée du jour au lendemain, soit 300 millions d’euros par ans sans aucune compensation financière. Les internes ont pourtant besoin d’assister à des formations très techniques, des simulateurs, des congrès nationaux et internationaux. Notre formation n’est pas sensée se dégrader ! 

Une réforme de nos études pour construire son projet professionnel.

Une majorité d’interne souhaite s’installer en zone semi-rurale et en exercice libéral. Pourtant l’accès aux licences de remplacement et mise à mal par la réforme de nos études. Alors que nous devrions être mieux formés et avoir la possibilité de découvrir la médecine de ville, on restreint l’accès aux cabinets alors que l’accès aux consultations n’a jamais été aussi dure pour les français. 

La réforme en cours n’est pas traitée comme une priorité. Les textes sont publiés en retard, on nous propose un algorithme pour nous répartir en fonction des besoins des chefs de service et non de notre projet d’installation.

Un risque pour les patients ? 

Les internes ne sont ni assignables, ni réquisitionnables.

Étant praticiens en formation, nous ne sommes pas légalement indispensables au fonctionnement des services. Nous ne sommes assignables qu’après l’ensemble des autres médecins et la réquisition n’est réalisée que par le préfet pour des besoins de police.

Nous attaquerons systématiquement toutes les assignations illégales.

Une centaine d’assignation abusives ont été réalisée. Nous les cassons par notre avocat puis nous attaquerons en justice les hôpitaux qui devront payer des pénalités. Il s’agit d’entrave au droit de grève.

Le risque pour les patients, c’est maintenant.

Le risque pour les patients, c’est l’austérité budgétaire, c’est le manque de matériel, le manque de personnel, c’est d’être soigné par un étudiant. Aujourd’hui c’est pour les sauver que nous nous mobilisons.

Les médecins séniors nous soutiennent.

Les médecins séniors non-grévistes vont reprendre l’activité des grévistes. Nous assurerons ainsi les soins minimums, les soins non urgents ne seront pas réalisés. Les hôpitaux seront encore plus en tension mais nous n’avons plus le choix, l’hôpital est en train de craquer.

Quelles suites ? 

Nous avons exposé nos demandes aux conseillers des ministres qui n’ont pas proposé de solutions. Nous demandons à être reçu par les ministres pour avoir des réponses concrètes.

La grève est illimitée. Nous allons amplifier crescendo la mobilisation. Tractation vendredi 13 sur le thème « garder votre argent pour payer vos frais de santé ». Manifestation nationale le 17 décembre à Paris et en province.

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L’InterSyndicale Nationale des Internes représente et rassemble les internes de France métropolitaine et des DROM-COM depuis 1969. L’ISNI représente plus de 12 000 internes, répartis dans les associations et syndicats de subdivisions membres.

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