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[Focus] Le cursus médical en Allemagne

A l’heure où notre voisin allemand fait figure de « bon élève » dans la lutte contre la pandémie de Covid-19, nous vous proposons un résumé non exhaustif du cursus médical en Allemagne.

Au sortir du lycée, pour être admis immédiatement en médecine, il faut que le ou la candidat·e ait eu l’équivalent de 20/20 au baccalauréat. Si ce n’est pas le cas, il peut être inscrit sur une liste d’attente et chaque année sa moyenne va être augmentée jusqu’à obtenir la note acceptable.

Le premier cycle des études de médecine en Allemagne dure six ans comme dans la plupart des pays européens. Le modèle semble similaire au nôtre avec deux premières années très théoriques, et les trois suivantes plus centrées sur la pratique, même s’il n’y a pas de mi-temps à l’hôpital comme notre externat. La différence, ce sont les examens qui rythment les études. Il y en a un écrit à la fin de la deuxième année qui en cas d’échec répété (trois fois) conduit à l’exclusion et un à la fin de la 5e année, un examen écrit non classant.

Ils et elles doivent ensuite passer leur sixième année en stages à l’hôpital. Ces stages sont fléchés : un stage généraliste, un stage en chirurgie et un stage dans une spécialité médicale. Cette période est ce que les Allemand·es appellent l’internat puisqu’ils et elles ne sont pas encore médecin et pourtant en plein-temps clinique. Généralement, il n’y a pas de rémunération, hormis dans des hôpitaux périphériques qui acceptent de payer pour attirer cette main d’œuvre dans des zones en tension au niveau du personnel médical.

A la fin de cette 6e année de médecine, les internes allemand·es passent un examen oral qui, si réussi, donne accès au titre de docteur en médecine. En fait, les Allemand·es ne parlent pas de Doctorat mais de Licence de Médecine. En tout cas, à partir de ce moment-là, les jeunes médecins sont considérés comme des médecins et n’ont plus de liens officiels avec la faculté.

Rémunération nettement supérieure

Ces jeunes médecins doivent cependant réaliser un assistanat de cinq ans minimum pour obtenir une spécialisation en médecine générale ou autre. Ayant le titre de médecin, ils et elles sont appelés assistenzart (médecin assistant). Il n’y a pas de classement donc les médecins assistants postulent dans des hôpitaux publics ou privés qui acceptent de les former en échange d’une rémunération de 2 500€ net mensuel en première année à 3 500€ net mensuel en dernière année.

Durant cet assistanat, l’assistenzart ou « Internist » ou « junge Ärzte » (jeune médecin) a deux possibilités. Soit il ou elle choisit ses stages comme il l’entend et part au bout de cinq ans pour devenir médecin généraliste. Il n’a alors pas besoin de faire une thèse ou un travail de recherche. Soit il souhaite se spécialiser. Dans ce cas, il faut qu’il ou elle oriente ses choix de stages vers une spécialité en particulier et il est alors bien vu de faire une thèse (Doktorarbeit) qui ressemble à la thèse de médecine en France dans la mesure où c’est « un peu moins qu’un PhD et un peu plus un projet de recherche ». Ce travail n’est pas obligatoire pour devenir médecin « spécialiste » mais devient indispensable si le jeune médecin souhaite rester travailler dans une clinique ou un hôpital universitaire à la fin de son assistanat.

Durant ces cinq années, l’assistenzartz a le choix entre rester dans la même structure ou changer d’établissement voire même changer de région. Il ou elle est relativement libre mais les démarches sont vraiment individualisées. Cependant, vu que l’Allemagne connaît comme la France une tension au niveau démographie médicale, les internes-assistants allemands ont une relative liberté dans leurs desiderata d’installation puisque les cliniques et les hôpitaux manquent de personnel médical.

55 heures par semaine

Concernant les conditions de travail, les assistenzartz sont malheureusement logés à la même enseigne que leurs homologues français avec un temps de travail hebdomadaire important (environ 55 heures d’après les témoignages recueillis). Cependant, le fait qu’ils et elles soient considérés comme des médecins permet à ces jeunes praticiens d’être représentés par des syndicats nationaux très puissants comme le Marburg (un syndicat de médecins fort de 45 000 adhérent·es et qui pèse dans les décisions politiques). Les conditions de travail difficiles sont par ailleurs compensées par une rémunération élevée et négociable.

Pour l’anecdote, nos collègues d’Outre-Rhin bénéficie d’une aura plutôt positive dans l’opinion publique notamment entretenue par une mini-série télévisée qui met en scène des internes-assistants confrontés à des situations médicales et humaines complexes. Ce feuilleton télé participe à renforcer l’image de jeunes praticiens comme médecins à part entière confrontés à la mort et à la maladie et qui doivent, malgré leur jeune âge, prendre des décisions difficiles.  

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ISNI

L’InterSyndicale Nationale des Internes représente et rassemble les internes de France métropolitaine et des DROM-COM depuis 1969. L’ISNI représente plus de 12 000 internes, répartis dans les associations et syndicats de subdivisions membres.

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