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Enquête – Non respect du repos de sécurité: scandale sanitaire!

Le repos de sécurité (du patient) est une obligation légale depuis presque 20 ans et malgré ça, il est moins respecté aujourd’hui qu’il y a 8 ans !

Le repos de sécurité du patient est une mesure rendue obligatoire au début des années 2000 dans les hôpitaux impliquant une éviction totale d’un médecin ou d’un interne pendant onze heures suite à une garde de vingt-quatre heures. La précédente grande enquête de l’ISNI(H) sur les conditions de travail des internes de 2012 montrait que 21% des sondés déclaraient ne pas pouvoir prendre systématiquement leur repos de sécurité.

Résultats toutes spécialités confondues

Notre enquête montre que la situation, loin de s’être arrangée, s’est dégradée puisque c’est désormais 29% des internes répondant·es qui déclarent ne pas pouvoir prendre systématiquement leur repos de sécurité ! Quand on sait qu’après vingt-quatre heures de travail d’affilée, les capacités d’attention et de concentration sont fortement diminuées, comparable à celles secondaires à une prise d’alcool, ce non respect pose de sérieuse question de santé publique. Si les internes ne peuvent pas prendre leur repos, ce n’est pas qu’ils et elles ne souhaitent pas rentrer chez eux mais bien qu’il y a un tel déficit de personnel médical que leur absence est devenue impossible. Et ce au détriment de leur santé et de celle des patient·es.

Le plus inquiétant est quand on regarde les réponses données par les internes de chirurgie. Dans ces spécialités, c’est la majorité des répondants soit 57% d’entre eux et elles qui déclarent ne pas prendre systématiquement leur repos de sécurité après une garde de vingt-quatre heures.

Cette situation est extrêmement préoccupante. Le fait de ne pas prendre son repos de sécurité met en danger les patients comme l’interne et même toute sa hiérarchie car c’est le chef de service qui est responsable en dernier ressort en cas de problème.

Elle repose aussi la question des gardes de vingt-quatre heures qui sont en droit français une exception puisque le droit du travail est de dix heures journalières voire douze en cas de convention collective et d’accord de l’inspection du travail. A titre d’exemple, le Québec a décidé d’interdire les gardes de vingt-quatre heures dans ses hôpitaux pour les internes (médecins résidents). C’est une piste intéressante même si le respect du repos de sécurité, y compris suite à une garde de nuit de douze à quatorze heures en moyenne, paraît un minimum.

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ISNI

L’InterSyndicale Nationale des Internes représente et rassemble les internes de France métropolitaine et des DROM-COM depuis 1969. L’ISNI représente plus de 12 000 internes, répartis dans les associations et syndicats de subdivisions membres.

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