Les garanties disciplinaires hospitalières

Sources : Articles R6153 du code de santé publique

Les sanctions

Les sanctions disciplinaires applicables à un interne pour des fautes commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses activités au titre des stages pratiques sont :

  • L’avertissement ;
  • Le blâme ;
  • L’exclusion des fonctions pour une durée qui ne peut dépasser cinq ans.

Les sanctions sont prononcées par le directeur général du centre hospitalier universitaire de rattachement de l’interne, après consultation du praticien sous la responsabilité duquel l’intéressé est placé pendant son stage et après procédure écrite contradictoire pour la sanction prévue. Le président de l’université et le directeur de l’UFR où est inscrit l’interne sont avisés de la sanction dans les quinze jours qui suivent la notification de celle-ci à l’intéressé.

L’exclusion

L’exclusion des fonctions est prononcée par le directeur général du CHU de rattachement de l’interne, après consultation du praticien ou du pharmacien sous la responsabilité duquel celui-ci est placé pendant son stage et au vu de l’avis émis par le conseil de discipline de la région sanitaire dans le ressort de laquelle se sont produits les faits reprochés.

Le conseil de discipline

Le conseil de discipline est présidé par le directeur général de l’ARS qui en nomme les autres membres.

Ce conseil comporte trois sections de douze membres chacune (médecine, pharma, odonto).

Le secrétariat du conseil de discipline est assuré par les services de l’ARS.

Composition du conseil de discipline (médecine)

  • DG-ARS, président ou son représentant ; Directeur d’établissement public de santé de la région, choisi sur une liste de trois noms proposés par la Fédération hospitalière de France ;
  • 2 membres du personnel enseignant et hospitalier titulaire, relevant du décret n° 84-135 du 24 février 1984 portant statut des personnels enseignants et hospitaliers des CHU et nommés sur une liste d’au moins quatre noms proposés par les commissions médicales d’établissement des CHU de la région ;
  • 2 praticiens hospitaliers relevant de la section 1 du chapitre II du présent titre parmi les noms proposés par les commissions médicales d’établissement de chacun des établissements de la région, chaque CME ne pouvant proposer qu’un nom ;
  • 6 internes en médecine relevant en priorité de la discipline de l’intéressé, affectés dans la région, sont proposés par leurs organisations syndicales représentatives.

Nomination des membres du conseil

Les membres du conseil autres que le président ont un suppléant qui est désigné dans les mêmes conditions que le titulaire.

Les membres, titulaires ou suppléants, du conseil sont nommés pour une durée de trois années renouvelable, à l’exception des internes qui sont désignés pour une durée d’une année renouvelable.

Il est pourvu, dans un délai de deux mois, aux vacances survenues en cours de mandat. Les nouveaux membres siègent jusqu’au renouvellement du conseil.

Ne peuvent siéger au conseil de discipline pour une affaire déterminée et sont remplacés par leur suppléant :

  • Le conjoint de l’interne concerné, une personne avec laquelle il est lié par un pacte civil de solidarité ou une personne ayant avec l’interne un lien de parenté ou d’alliance jusqu’au quatrième degré inclus ;
  • La personne qui est à l’origine de l’instance disciplinaire ;
  • L’interne qui est en cause dans l’affaire et plus généralement les personnes qui sont directement intéressées par celle-ci.

Procédure

  • Le conseil de discipline est saisi par le directeur général du CHU de rattachement à la demande, éventuellement, du directeur de l’établissement ou de l’organisme où l’interne accomplit son stage.
  • L’interne poursuivi est avisé qu’il dispose d’un délai de trente jours pour prendre connaissance de son dossier, comprenant tous les éléments d’information soumis au conseil de discipline, et pour présenter sa défense. Il est également avisé, au moins quinze jours à l’avance, de la date de sa comparution devant le conseil.
  • La personne poursuivie peut présenter devant le conseil de discipline des observations écrites ou orales, faire entendre des témoins et se faire assister d’un conseil de son choix.
  • Le droit de citer des témoins appartient également à l’administration.
  • Le président, ou le rapporteur désigné par lui au sein de la section, peut faire entendre toute personne dont il juge l’audition utile et demander à l’autorité qui a saisi le conseil toute information complémentaire.
  • La section compétente du conseil de discipline ne peut valablement délibérer que si au moins six de ses membres, dont le président ou son remplaçant, sont présents.
  • Les votes sont émis à bulletin secret.
  • En cas de partage égal des voix, il est procédé à une nouvelle délibération. Si au deuxième tour de scrutin le partage égal est maintenu, une sanction plus légère est mise aux voix par le président.
  • En cas de poursuites devant une juridiction pénale, le conseil de discipline peut surseoir à émettre son avis jusqu’à la décision de cette juridiction.
  • L’avis du conseil est motivé ; il est adressé par son président au directeur général du CHU de rattachement qui informe l’interne de sa décision.
  • L’avis est également notifié au DG-ARS, au responsable de l’organisme ou établissement où se sont déroulés les faits litigieux, le cas échéant au responsable de l’organisme ou établissement dans lequel l’interne exerce ses fonctions au moment de la notification, au ministre chargé de la santé, ainsi qu’au président de l’université et au directeur de l’unité de formation et de recherche où est inscrit l’interne.

Suspension d’activité

  • Le responsable de l’organisme ou établissement dans lequel l’interne exerce ses fonctions peut suspendre l’activité de celui-ci lorsqu’elle est de nature à compromettre le bon fonctionnement du service ; le directeur général du CHU de rattachement en est avisé sans délai.
  • Pendant la période où il fait l’objet d’une suspension, l’interne bénéficie des éléments de rémunération (émolument et indemnité logement-nourriture).
  • La suspension prend fin de plein droit si le directeur général du centre hospitalier universitaire de rattachement n’a pas engagé de poursuites dans les quinze jours qui suivent la réception de l’avis mentionné au premier alinéa du présent article ou si cette autorité ne s’est pas prononcée quatre mois après cette réception.
  • Toutefois, lorsque l’intéressé fait l’objet de poursuites pénales, la suspension peut être prolongée pendant toute la durée de la procédure.
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